Archive numérique de la collection Gaignières (1642-1715)

Texte

[Lettre de Denis Moreau à Gaignières, sans date]

  • [Lettre de Denis Moreau à Gaignières, sans date]

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Cote ou no d'inventaire
Folio
53
Numéro de l'item (1711) incluant le texte
Texte identifié
[Lettre de Denis Moreau à Gaignières, sans date]
Nature(s) du texte
Lieu(x) et Période de production
Toulon (83/Var)  
Destinataire du document (courrier)
Lieu(x) de réception
Matériau, Technique
Papier
Statut du document
Original
Localisation(s) traitée(s)
Période traitée
Source du document numérisé
Transcription
Du 17, à Toulon

Vous m’avez fait, Monsieur, un très sensible plaisir de me donner des marques de vostre souvenir. Monsieur de la Roque vous dira que vous estes très souvent la matière de nos conversations. Nous vous avons vivement souhaité à la maison de ville de Toulouse. Il y a dans la maison de ville une prodigieuse quantité de volumes où depuis près de trois cens ans toutes les entrées et réceptions des rois et des princes qui s’y sont faites y sont représentées en miniatures faites dans le temps les personnes resemblantes, à ce qu’ils disent, ce qui le persuade est que dans tout ce qui s’est passé depuis cent cinquante ans, les visages ont beaucoup de raport à vos tableaux. Vous y auriez esté fort satisfait par raport à vos modes. Il y en a de très singulières. J’aurois esté ravi que vous m’eussiez mandé que vous avez loué la partie de vostre maison que vous n’ocupez pas, je vous avouray franchement que j’en suis dans une espèce d’inquiétude que je seray bien aise de voir finir. Je voudrois estre à portée de vous aller rendre visite, je serois dans la joy de mon coeur de me promener avec vous, teste à teste dans cette belle gallerie et dans ce bel appartement que vous avez eu raison de venir habiter. Songez à vostre tranquilité et la comparez au tracas dans lequel je vis issy qui est le 53 (sic) giste que je fais depuis trois mois et demi. Monsieur le mareschal se porte fort bien. Je suis en vérité plus à vous qu’à moy mesme.
Remarques
Denis Moreau, premier valet de chambre du duc de Bourgogne, collectionneur et ami de Gaignières, constitue l'un de ses principaux correspondants. Ils échangent longuement sur leurs collections de portraits. La Princesse Palatine décrit le cabinet de Moreau dans l'une de ses lettres, datée du 23 mars 1702: "Hier, l'envie me prit de voir l'appartement de M. Moreau. premier valet de chambre de M. le duc de Bourgogne. . . J'y allai au lieu de me rendre au sermon. C'est petit, mais propre et curieux. Il a quatre petites chambres avec des portraits et des tableaux magnifiques (...). Autour des grands tableaux sont pendus des petits, tous de la même dimension : tous les rois de France depuis François Ier jusqu'à notre Roi, et sous chaque roi les grands hommes, guerriers et savants qui ont vécu de son temps. Il a les portraits de tous les poètes depuis cette époque-là jusqu'à la nôtre ; Malherbe a une affreuse barbe : de même il a les maîtresses de tous ces rois et toutes les reines aussi. Il a un cabinet à part pour notre époque, où se trouvent Mme de Montespan. Mme de La Vallière, Mme de Fontange, Mme de Ludres. Il a aussi Mme de Maintenon, habillée en sainte. De plus, toute la maison royale. Puis, rangés par ordre, tous ceux qui ont gagné des batailles : M. le Prince, le duc d'Harcourt, M. de Turenne et M. de Luxembourg. Sous le cardinal de Richelieu, il a mis tous ceux que celui-ci a fait mourir (...). Sous Henri III se trouvent tous les guis-sarts (sic) et tout ce qui a fait figure au temps de la ligue. . . Il possède de belles et précieuses porcelaines et figurines de bronze. Il a aussi M. Lebrun, Mignard, M. Le Nostre, très ressemblant ; Racine, Corneille, La Fontaine, très ressemblant aussi ; tous les jansénistes, Mme Guion. Je voulus qu'il la mette entre M. de Cambrai et M. de Meaux. Il y avait songé, me dit-il, mais il n'avait pas osé le faire. Il a aussi Rablais (sic), qui a l'air très drôle. . . J'y suis restée toute une heure". (Lettres de Madame Palatine, édition Hubert Juin, 1961, p. 201-202).
Bibliographie
Grandmaison (Charles de), "Gaignières, ses correspondants et ses collections de portraits", Bibliothèque de l'Ecole des chartes, t. LII, 1891, p. 183

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