Archive numérique de la collection Gaignières (1642-1715)

Texte

[Lettre de Denis Moreau à Gaignières, sans date]

  • [Lettre de Denis Moreau à Gaignières, sans date]

    Archive .ZIP contenant l'image et sa notice en PDF

  • [Lettre de Denis Moreau à Gaignières, sans date]

    Archive .ZIP contenant l'image et sa notice en PDF

Cote ou no d'inventaire
Folio
181
Numéro de l'item (1711) incluant le texte
Texte identifié
[Lettre de Denis Moreau à Gaignières, sans date]
Nature(s) du texte
Lieu(x) et Période de production
   
Destinataire du document (courrier)
Matériau, Technique
Papier
Statut du document
Original
Période traitée
Source du document numérisé
Transcription
Je suis en peine, Monsieur, de vostre pintre, qui ne paroist point. Monsieur de Puicégur, qui est un homme effectif, m’a promis de le poster avantageusement et de luy donner tous les conseils qu’il luy demandera. M. de Nouailles m’a dit que vous l’aviez refusé sur l’offre qu’il vous avoit fait de sa chèse (sic) pour veni iscy. J’en suis aussi fâché que luy, j’aurois eu l’honneur de vous y voir. M. de Louville m’a enfin rendu une visite et j’ay profité de cette occasion pour luy faire agréer vos compliments qu’il a receus très bien. Il y a eu une représentation de combat dans lequel un mousquetaire a receu un coup d’espée au visage et un capitaine dans (sic) La Valière a eu la teste cassée. On l’a trépané ce matin. Nous partons le 20. Je suis par ma foy tout à vous.
Remarques
Denis Moreau, premier valet de chambre du duc de Bourgogne, collectionneur et ami de Gaignières, constitue l'un de ses principaux correspondants. Ils échangent longuement sur leurs collections de portraits. La Princesse Palatine décrit le cabinet de Moreau dans l'une de ses lettres, datée du 23 mars 1702: "Hier, l'envie me prit de voir l'appartement de M. Moreau. premier valet de chambre de M. le duc de Bourgogne. . . J'y allai au lieu de me rendre au sermon. C'est petit, mais propre et curieux. Il a quatre petites chambres avec des portraits et des tableaux magnifiques (...). Autour des grands tableaux sont pendus des petits, tous de la même dimension : tous les rois de France depuis François Ier jusqu'à notre Roi, et sous chaque roi les grands hommes, guerriers et savants qui ont vécu de son temps. Il a les portraits de tous les poètes depuis cette époque-là jusqu'à la nôtre ; Malherbe a une affreuse barbe : de même il a les maîtresses de tous ces rois et toutes les reines aussi. Il a un cabinet à part pour notre époque, où se trouvent Mme de Montespan. Mme de La Vallière, Mme de Fontange, Mme de Ludres. Il a aussi Mme de Maintenon, habillée en sainte. De plus, toute la maison royale. Puis, rangés par ordre, tous ceux qui ont gagné des batailles : M. le Prince, le duc d'Harcourt, M. de Turenne et M. de Luxembourg. Sous le cardinal de Richelieu, il a mis tous ceux que celui-ci a fait mourir (...). Sous Henri III se trouvent tous les guis-sarts (sic) et tout ce qui a fait figure au temps de la ligue. . . Il possède de belles et précieuses porcelaines et figurines de bronze. Il a aussi M. Lebrun, Mignard, M. Le Nostre, très ressemblant ; Racine, Corneille, La Fontaine, très ressemblant aussi ; tous les jansénistes, Mme Guion. Je voulus qu'il la mette entre M. de Cambrai et M. de Meaux. Il y avait songé, me dit-il, mais il n'avait pas osé le faire. Il a aussi Rablais (sic), qui a l'air très drôle. . . J'y suis restée toute une heure". (Lettres de Madame Palatine, édition Hubert Juin, 1961, p. 201-202).
Bibliographie
Grandmaison (Charles de), "Gaignières, ses correspondants et ses collections de portraits", Bibliothèque de l'Ecole des chartes, t. LII, 1891, p. 183

Afficher