Archive numérique de la collection Gaignières (1642-1715)

Texte

[Lettre de Honoré Caille du Fourny à Gaignières, 17 mars 1697]

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Cote ou no d'inventaire
Folio
132
Numéro de l'item (1711) incluant le texte
Texte identifié
[Lettre de Honoré Caille du Fourny à Gaignières, 17 mars 1697]
Nature(s) du texte
Lieu(x) et Période de production
1697
Metz (57/Moselle)  
Destinataire du document (courrier)
Matériau, Technique
Papier
Statut du document
Original
Édifice traité
Période traitée
Source du document numérisé
Transcription
[De la main de Gaignières: extr. Lettres de curiositez]

A Metz, ce 17 mars 1697

J'apprens avec chagrin, Monsieur, que vous estes toujours indisposé. Je vous avoue que cela me fait peine et je crains que cela ne provienne des mesmes causes que celles qui m'en procurent souvent. Vous avez trop d'attache aussy bien que moy aux choses qui vous occupent et vostre tempérament n'est pas assez fort pour y résister. Vous seriez possible mieux si vous pratiquiez un peu ce que vous me recommandez, tant de ne point tant prendre sur vous, tout ce que vous faites n'estant que pour vous servir d'honnestes occupations.
Il n'y a guères de journées que je ne vous souhaitte icy et je vous y convierois, n'estoit la grande distance du pays, les fatigues des chemins et autres incommoditez que vous y auriez. Il me passe quantité de beaux sceaux que je ne sçay dessiner et n'ay pas le loisir de les bien descrire, cela consommant trop de temps. Je ne fais pas mesme aucune copie de tiltre pour la mesme raison, me contentant d'en faire un extrait le plus estandu que je peus mais qui n'est rien auprès d'un tiltre entier, et il y en a seurement qui mériteroient d'estre copiez pour l'histoire. Leur longueur m'en dégoûte et il ne faudroit que faire cela.
Il y a des tiltres tous plains de seaux qui je suis seur vous feroient plaisir de voir. Il y en a quantité des comtes et ducs de Bar qui serviroient bien pour augmenter l'histoire qu'en a donné feu M. du Chesne. J'ay négligé d'apporter la mienne avec moy, pensant que je treuverois icy quelqu'un qui en auroit une et je me suis trompé. C'est ce qui m'a fait me résoudre de mander qu'on me l'envoyast. J'auray encore assez de loisir pour conférer ceux qui y sont. Je vous suplie de voir si vous n'auriez rien en comtes de La Petite Pierre , je croy que c'est la mesme famille que celle des comtes de Haute-Ripaupierre. Sçachez s'il vous plaist de M. Clerambaut s'il n'y auroit rien dans les mémoires de M. Le Laboureur ou consultez là-dessus M. le marquis de Refuge qui vous pourra indiquer où l'on en treuveroit quelque chose. C'est qu'il y a une alliance de Bar que je ne voy point dans la table généalogique de Bar que j'ay apportée. Si vous aviez aussy quelque chose du nom de Du Chal qui est une famille de Troyes, vous me ferez plaisir de m'envoyer ce que vous auriez. Informez vous un peu de messieurs d'Hosier et Clerembaut s'ils n'en auroient rien.
Vous avez un manuscript de la famille de Hennequin que vous avez eu de M. d'Hosier et dont vous m'avez fait la grâce de me donner copie où je croy que vous y treuverez quelque chose. C'est pour une personne de cette ville que je serois bien aise d'obliger et l'on m'a prié de m'en informer.
Je n'ay encore rien veu des contracts de manages, partages et testaments où je croy qu'il peut y avoir quelque chose de bon et je ne peus y travailler encore si tost. Je voy les traittez de paix, d'alliances et de confédération où il y en a de très beaux et, n'estoit leur longueur, que je copierois ou ferois copier si je treuvois quelqu'un qui les peût lire. Il faut estre stillé à ces sortes de carractères et peu de gens y sont propres. M. l'Intendant m'a donné un homme pour me soulager qui n'a nulle capacité. Je ne laisse pas de m'en servir pour le moderne que j'abandonne sans cela. Ce mestier cy est un peu long et fatiguant et va selon moy un peu lentement quoyque j'y donne tout mon temps. Je voudrois despescher plus promptement mais vous sçavez que je n'ay pas cette facilité comme vous qui en expédiez plus en un jour que je ne puis faire en quatre quelque diligence que je face. C'est ce qui me fait regreter d'estre si esloigné de vous car je suis seur que vous et moy avancerions bien cecy mais c'est à quoy il ne faut pas seulement songer, il faut se contenter l'un et l'autre du désir et à vous de vous mesnager mieux pour vostre santé, c'est à quoy vous devez particulièrement vous attacher et ne point tant prendre sur vous que vous ne succombiez à la fin. Ce que vous faites ne doit estre qu'un amusement et un divertissement et modérer un peu la vivacité de vostre génie. Je ne doubte pas que vous ne me faciez la mesme leçon mais je vous respondray que nous sommes très différens de tempérament. Vous avez un feu qui vous dévore et consume et qui vous est très préjudiciable au travail. Mon flegme, ma bile et mon humeur lente sont plus propices et durent davantage à la peine mais il n'y avance pas tant et n'y réussissent pas de mesme. C'est ce que je reconnois tous les jours.

J'avois vouleu faire desiner (sic) quelques tombeaux d'évesques qui sont icy à la cathédralle et prendre aussy quelques épitaphes mais je n'ay trouvé personne qui le peût faire. On m'en avoit indiqué une qui ne m'a pas contenté, ainsy je ne pouray pas vous rien porter sur le sujet et il y faut employer trop de temps. L'on dit icy que l'édit touchant les armoiries n'aura point de lieu, je le souhaitte quoyque j'aye payé. Faites moy la grâce de me mander ce que vous sçavez quant vous en aurez la commodité ou que vostre santé vous le permettera.
Mme Clément m'a mandé vous avoir rendu visite, j'en ay de la joye. Je souhaitterois que vous peussiez quelque fois sans vous incommoder luy en rendre. Elle a des sujets d'affliction et je suis seur qu'elle auroit de la consolation dans vostre entretien. Je vous demande excuse si je vous marque si librement mes sentimens. La prière que j'ay à vous faire c'est de songer à vostre conservation, m'honorer quelque fois des vostres, me conserver quelque part dans vostre amitié et de croire que je seray tousjours, Monsieur, vostre très humble et très obéissant serviteur,

Du Fourny

Voyez je vous prie dans la famille des Adhémars de Grignan si vous y treuverez un Adémar évesque de Metz en 1327 et mort en 1361. Il avoit un frère nommé Gautier de Monteil qui avoit du bien en cette province et y estoit marié. Les armes de ce prélat sont à quantitez de tiltres qu'il a passez. Son seau est en ovalle comme tous ceux des ecclésiastiques. Il est assis sous un portail, revestu de ses habits pontificaux, la mitre en teste, donnant la bénédiction d'une main et tenant la crosse de l'autre. A ses deux costez sur les pilliers du portail et au dessous de ses pieds sont les escussons de ses armes qui sont 3 croisettes vidées, clichées et pommetées comme celles de Toulouse. Je ne sçay si ce sont encore là les armes de Monteil-Adhémar.

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