Archive numérique de la collection Gaignières (1642-1715)

Texte

[Lettre d'Antoine Paul Le Gallois à Gaignières, avril 1692]

  • [Lettre d'Antoine Paul Le Gallois à Gaignières, avril 1692]

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Cote ou no d'inventaire
Folio
190
Numéro de l'item (1711) incluant le texte
Texte identifié
[Lettre d'Antoine Paul Le Gallois à Gaignières, avril 1692]
Nature(s) du texte
Lieu(x) et Période de production
1692
Redon (00/N/A)  
Destinataire du document (courrier)
Matériau, Technique
Papier
Statut du document
Original
Objet traité
Localisation(s) traitée(s)
Région traitée
Bretagne
Période traitée
Source du document numérisé
Transcription
Pax Christi

C’est ordinairement à Pasques que cessent tous les délais qu’une fausse honte fait prendre aux pécheurs qui ont negligée (sic) pendant une ou plusieurs années de confesser leurs fautes. J’imite leur exemple à votre égard et je viens me jetter à vos pieds pour vous demander pardon d’avoir esté si longtemps sans me donner l’honneur de vous écrire et sans vous rendre compte du progrès de notre entreprise. Je m’accuse donc très humblement de ce gros péché dont les remords sont d’autant plus vifs que vous m’avez donné depuis peu, en me recommandant à ce M. de Nointel, des marques très obligeantes de la continuation de votre bonté. S’il faut un respect animé d’un véritable amour pour mériter son absolution, je vous proteste que je suis dans la meilleure disposition que vous puissiez souhaiter de moy pour m’accorder la mienne et je vous assure même que s’il y a eu jusqu’icy, quelque négligence en mon procédé, elle n’a esté l’effect que d’une paresse générale que j’ay d’écrire des lettres ne pouvant m’arracher à mes occupations ordinaires, sans qu’il y ait eu aucune diminution de l’estime et du respect que j’ay pour vous, et sans que l’amitié que je vous ay jurée y soit le moins du monde interessée. J’accepteray pourtant telle pénitence qu’il vous plaira m’imposer et je m’en acquiteray si soigneusement que vous n’aurez plus lieu de vous plaindre, et que vous serez convaincu que ma conversion est très sincère et très véritable. Notre père Prieur m’avoit commandé de vous en donner une marque en vous envoiant 4 ou 5 extraits du grand nombre de ceux que l’on a fait, pour vous donner quelque idée de la manière dont on s’y prent, et j’aurois obey si vous n'y aviez mis vous-même un obstacle. Vous ne pouviez sans doute en mettre un plus fort qu’en nous protestant qu’au cas qu’on ne vous envoye pas lesdits extraits vous estes résolu de venir vous-même les voir et que nous serons bien surpris de vous voir un de ces matins à notre porte. Quelle aimable surprise ! Et quelle joye pour moy ! Pensez-vous qu’on puisse après cette agréable menace, vous envoyer quelque extrait ? Non certes je ne puis m’y résoudre et vous n’en aurez point qu’après que vous vous serez engagé par écrit de venir icy ny plus ni moins voir les originaux, et que vous nous aurez marqué plus en détail quelle sorte d’extraits vous souhaitez. Je vous diray cependant qu’on copie en entier toutes les pièces un peu considérables, qu’on ne néglige rien ny pour le nobiliaire ny pour l’histoire, qu’on prend exactement tous les sceaux et qu’on ramasse tous les noms nobles qu’on trouve, on prend aussy toutes les figures des ducs représentez sur les tombeaux ou aux vitres, mais on en trouve peu, et presque rien d’ancien. Me croirez-vous si je vous assure que ce qui m’empêcha de vous écrire de Forges fut que j’espérois vous aller surprendre à Paris ? C’estoit assurément mon dessein, je fis ce que je pus pour y faire résoudre un de mes frères avec qui j’estois et que je ne pouvois quitter, et ce ne fut que la veille de notre départ qu’il se détermina de n’en rien faire, mais pourquoy vouloir me justifier, après avoir confessé ma faute ? J’aime mieux avouer que je suis pécheur pourveu que vous ne m’en croiez pas moins, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

fr. Ant. Paul Le Gallois, R. B.

De Rhedon ce mardy de Pasques d’où je pars demain pour aller à Rennes recueillir chez M. l’Intendant les premiers fruits de votre recommendation. Le révérend Père Prieur vous assure de ses respects.

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